Flacons Hopirub et Hopigel avec la nouvelle étiquette — illustration médicale créée par Les Petits Papiers d'Alex, illustratrice à Genève

solution hydro-alcoolique

nouvelles étiquettes des flacons d’hopirub et hopigel pour les hôpitaux universitaires de genève

Il y a un moment que je dois vous raconter l’histoire complète qui a abouti à la refonte des étiquettes des flacons d’Hopirub et Hopigel, la solution hydro-alcoolique (SHA) utilisée par tous les soignants des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). C’est l’une de ces belles occasions où mon double métier de pharmacienne et d’illustratrice indépendante à Genève se rencontrent de la façon la plus inattendue qui soit.

En avril 2025, en préparation à la journée mondiale de l’hygiène des main (qui a lieu chaque année le 5 mai) le Service prévention et contrôle de l’infection (SPCI) des HUG a lancé un défi : celui d’imaginer en équipe une étiquette originale et décalée pour redonner un coup de jeune à la célèbre solution Hopirub.

Mon amie et collègue Liliane m’a assuré que ce concours était fait pour notre équipe et qu’il fallait qu’on présente quelque chose. Nous avions 1 mois pour relever le défi. 

Illustration de la nouvelle étiquette Hopirub — bactérie sur un ring de box, création Les Petits Papiers d'Alex, illustratrice à Genève

Tout commence en 1994 par une observation sur le terrain où le Professeur Didier Pittet, alors jeune chef de service du SPCI, découvre que le taux de maladies nosocomiales (= maladies acquises à l’hôpital) dans l’établissement (HUG) est de 18%, Les patients ont alors 1 chance sur 5 d’être infectés, c’est énorme.

Depuis les travaux de Semmelweis en 1847, on sait que les mains sont le principal vecteur d’infection. Mais alors ? Que font les soignants ?

En approfondissant l’enquête, on découvre que les infirmier.ères de l’unité des soins Intensifs doivent se désinfecter les mains 22 fois par heure. Le calcul est vite fait, se désinfecter correctement les mains à l’eau et au savon nécessite entre 1.5 et 2 minutes, cela répété 22 fois il ne reste plus de temps pour les soins. Conséquences : l’hygiène hospitalière laisse à désirer, les germes s’en donnent à cœur joie et ce problème n’est pas présent uniquement à Genève, il est universel.

L’on comprend alors que l’eau et le savon c’est trop lent et qu’il faut trouver une alternative bien plus rapide qui ne nécessite pas de quitter le lit des patients. C’est là que Didier Pitter a l’idée d’une friction avec de l’alcool. Une idée simple mais une révolution sanitaire.

Il s’associe avec le pharmacien des HUG William Griffiths qui a déjà mis au point (en 1979) une formule désinfectante à base de chlorhexidine, un puissant antiseptique avec un effet rémanent, et d’isopropanol, un alcool de synthèse. À ces deux composés essentiels, il ajoute de l’eau car l’alcool à 100% ne se fixe pas aux germes et ne les détruit pas (formule actuelle de l’Hopirub).

Il fallait que cet alcool soit disponible dans le monde entier et à moindre coût pour qu’il puisse être fabriqué sur place. Le Prof Pittet et William Griffiths ont alors modifié la formule décrite plus haut de manière à ce qu’elle ne puisse pas être brevetée car ses composants (l’alcool, la glycérine et l’eau oxygénée) ne peuvent pas l’être. C’est ainsi qu’est né le ‘Geneva Model’ formule que le Professeur a ensuite offert à l’OMS dans le but d’en faire bénéficier les pays les plus pauvres. 

Quelques millilitres, 30 secondes de friction et au revoir virus, bactéries et champignons. L’adoption de ce simple geste dans presque tous les hôpitaux de la planète a permis de diviser par deux les taux d’infection et par conséquent la mortalité qui, selon une étude de 2001, se montait à 16 millions de morts chaque année. 

[Inspiré d’un article de blog de Thierry Crouzet, journaliste et auteur de Le geste qui sauve, 2015]

Voici le flacon de Hopirub avant et après la refonte des étiquettes.

Avant et après la refonte de l'étiquette Hopirub — illustration médicale Les Petits Papiers d'Alex, illustratrice à Genève

Comme quasi tous les participants de ce concours, j’ai choisi de conserver la main, la goutte de solution et les illustrations du virus et de la bactérie.

J’ai choisi de créer une illustration médicale humoristique et décalée : une bactérie sur un ring de box qui se fait assommer par une goutte de solution hydro-alcoolique, avec beaucoup de mains de toutes les couleurs qui assistent à ce spectacle en guise de public enthousiaste.

J’ai présenté cette version et, à la suite d’une longue délibération, j’ai eu la chance de remporter ce concours. J’ai gagné un panier garni à partager avec mes collègues et 2 jolis posters offerts par le service de communication des HUG qui ornent désormais notre bureau à la Pharmacie.

C’est un projet qui me tient particulièrement à cœur, car il réunit mes deux métiers – la pharmacie et l’illustration – au service d’un message de santé publique universel, qui en plus a trouvé naissance à Genève au sein même de la Pharmacie dans laquelle je travaille.

Voici aussi quelques images du grand et du petit flacons.

Flacon Hopirub avec nouvelle étiquette — illustration médicale créée par Les Petits Papiers d'Alex, illustratrice à Genève
Flacon Hopirub avec nouvelle étiquette — illustration médicale créée par Les Petits Papiers d'Alex, illustratrice à Genève
Flacon Hopirub avec nouvelle étiquette — illustration médicale créée par Les Petits Papiers d'Alex, illustratrice à Genève

Pharmacienne et illustratrice — deux métiers, un projet commun

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Illustration complète de l'étiquette Hopirub — design médicale et humoristique par Les Petits Papiers d'Alex, illustratrice à Genève